schéma de l'attentat

Blog de operationcharlottecorday :Petit-Clamart : la contre-enquête, schéma de l'attentat

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Ce schéma est, l'on m'en excusera, commenté en Anglais, ayant servi à un blog à destination de nos amis anglophones ainsi qu'à un dossier de présentation d'un projet de film de fiction que j'ai tenté de faire produire outre-Atlantique. L'imprécision du logiciel utilisé et la difficulté de rendre les proportions confèrent à ce dessin un caractère éloigné de ce qu'a été la réalité, d'après l'instruction et les témoignages des conjurés eux-mêmes.

En particlulier, la Peugeot située côté gauche (en regardant vers Clamart) était plus proche de Bastien que ne le laisse supposer le dessin. D'ailleurs, le signal étant destiné à l'Estafette Renault, le chef de voiture de la Peugeot (Louis de Condé) n'a pas eu le temps de voir passer le convoi. Quand il a entendu crépiter les balles des FM, celui-ci était déjà passé au delà.

lundi 10 mars 2008 23:54


Baroud d'honneur ou complot

En préambule de l’analyse la plus objective que possible sur l’attentat dit du Petit-Clamart, nom de code « opération Charlotte Corday » (source : livre de Lajos Marton) voici pour le moment, un peu « en vrac » les éléments qui plaident,

* les uns en faveur du baroud d’honneur, action qui eût été purement vengeresse sans fondement politique sérieux ;

* les autres en faveur du complot d’envergure, action s’inscrivant dans un plan de renversement du pouvoir en place qui avait de vraies chances de réussir.

Les prochains articles s’attacheront à reconstituer le déroulement des faits, à partir d’une synthèse des diverses sources actuellement disponibles.

1.      La thèse du baroud d’honneur

L’opération Charlotte Corday  s’est déroulée le 22 août 1962, en deux temps et deux lieux :

  • Le matin à Paris, entre Alésia et les Invalides, le cortège présidentiel allant dans le sens Villacoublay vers Elysée ; tentative avortée ;
  • le soir à Clamart, dans le sens inverse ; tentative effective mais sans succès.
  • De Gaulle, sorti indemne de sa DS noire, aurait dit  « Cette fois, c’était tangent. » avant d’ajouter avec sa morgue coutumière : « Ces gens tirent comme des cochons. » D’autres ont parlé des conjurés comme d’une bande de « pieds nickelés ».
  • Non contents que le général ait pour la nième fois échappé à un attentat, les détracteurs de ses opposants ont paradoxalement mis l’accent sur deux aspects contradictoires :
    • pour justifier la sévérité de la Cour Militaire de Justice, l’on a insisté sur la violence du dispositif et qualifié les membres du commando de dangereux tueurs ;
    • mais pour railler les mêmes hommes, l’on a souligné les faiblesses du dispositif, cherchant à prouver que la thèse d’un vrai complot était aussi fantaisiste que l’attentat lui-même.

Voici donc, et les lecteurs voudront bien excuser le caractère quelque peu désordonné et non exhaustif de mes propos à ce stade de mon analyse, ce qu’on peut retenir des indices avancés pour étayer la thèse du baroud d’honneur :

1.1             Matin du 22 août :

1.1.1       le remplacement in extremis de Constantin, (lequel pris de peur, a prétexté d’une indisposition  passagère) par le jeune Magade. Ce jeune algérois avait certes la caution de Prévost, ex-parachutiste chevronné ayant sauté sur Dien Ben Phu. Mais il s’agissait d’un homme de 20 ans d’âge, 2eme classe dans l’Armée de l’Air, dont il avait déserté quelques six mois plus tôt. Selon l’auteur Georges Fleury, Magade aurait lutté au sein des commandos Delta, mais cela n’est attesté nulle part ailleurs, notamment dans les minutes du procès. La facilité avec laquelle Magade s’est mis à table, semble indiquer que cet élément avait une faible expérience de la clandestinité et un tempérament peu solide

1.1.2       la mise au volant du troisième véhicule, l’utilitaire 403, du même Magade. Contrairement à Louis de Condé, certes chef de voiture (La Tocnaye qui ne l’était pas moins pilotait l’ID bleue), Magade ne connaissait pas Paris. Dans le quartier relativement complexe situé entre la porte de Chatillon et l’avenue du Maine, le jeune algérois s’est trompé à un moment, ce qui a provoqué un retard suffisant pour manquer le cortège présidentiel (nom de code « Jacqueline ») : parvenu au point ultime du parcours prévu, bd des Invalides au niveau de l’avenue de Tourville, le commando devra repartir bredouille, un guetteur étant venu annoncer que « Jacqueline » était déjà passée.

1.2               Dans l’attente du soir

De Gaulle devait repartir de l’Elysée vers 19h, une fois achevé le Conseil des ministres programmé ce jour.

Pour rejoindre la base de Villacoublay, le cortège devait passer soit par la forêt de Meudon, soit par la route de la Libération menant de la Porte de Chatillon au carrefour du Petit-Clamart.

Les conjurés attendirent pour la plupart dans un appartement idéalement situé entre les deux itinéraires possibles. A ce stade du complot, deux faiblesses peuvent être soulignées :

1.21         avoir choisi le domicile de la sœur d’un des conjurés,  Pascal Bertin (âgé comme Magade, Ducasse et Naudin de tout juste 20 ans), ne fut-ce pas une forte imprudence ? Les témoignages permettront de remonter facilement à la propriétaire, Monique Bertin et d’elle à son frère, connu pour ses opinions ;

1.22         durant les heures passées dans cette planque provisoire, les conjurés auraient passé l’essentiel de leur temps à jouer aux cartes. N’y avait-il pas mieux à faire ? Comme de vérifier méticuleusement chacune des armes et chacune des munitions ? Ainsi les deux incidents de tir survenus dans l’ID bleue conduite par La Tocnaye auraient pu être évités, tout comme l’hésitation de Marton pour armer son PM, un modèle qu’il n’avait jamais utilisé ;

1.23         enfin, le choix de l’ID bleu pour l’attentat aurait pu être annulé au profit de la DS ivoire prévue pour le repli. Pour optimiser les chances de réussite de l’embuscade, priorité aurait pu en effet être donnée aux véhicules d’offensive.    Or l’ID bleue marchait mal, ce que La Tocnaye a pu réaliser dès le matin et cela a eu un effet nettement négatif au moment de l’attentat, puisque « Jacqueline » n’a pu être bloquée après avoir échappé au tir d’arrêt de l’estafette.

1.3       A l’annonce du cortège

L’itinéraire de « Jacqueline » - celui de l’avenue de la Libération - fut connu tardivement et Bastien vint prévenir ses hommes vers 19h45 d’aller se placer en embuscade.

Aucun temps ne fut perdu à ce stade et les trois véhicules d’assaut ainsi que la Simca 1000 de Bastien allèrent se poster exactement aux positions prévues.

Tout était en ordre à 20h, alors que « Jacqueline » approchait, ayant déjà à ce moment franchi la porte de Chatillon.

1.3.1       premère erreur : la position de la camionnette 403 : placée trop près du lieu du signal, elle ne pouvait appuyer le feu de l’estafette en cas de problème et problème il y eut ;

1.3.2       le signal de déclenchement du feu. Il faisait entre chien et loup, sous un  ciel gris et pluvieux. Soucieux avant tout de discrétion, Bastien opta pour le signal le plus sobre, en levant son journal dès qu’il aperçut le cortège. D’aucuns ont prétendu que ce fut là une erreur d’appréciation  de sa part : Bernier, depuis l’estafette, n’a rien vu et c’est Varga, sorti pour uriner sur le bas côté, qui a crié en voyant arriver à toute allure les DS et les motos de « Jacqueline ».       230 précieux mètres furent ainsi perdus, soit entre 9 et 10 secondes, soit 6 chargeurs de 20 balles de FM ;

1.3.3       selon le livre de La Tocnaye, Bernier n’est pas en cause et il aurait exprimé sa crainte de ne pas apercevoir le signe de Bastien ; mais selon l’instruction, alors que Bernier disposait de jumelles précisément destinées à surmonter un éventuel manque de visibilité, il a en négligé l’usage.

1.3.4       L’orientation des tirs : les vingt cartouches du chargeur vidé par Sari en tir axial et frontal étaient orientées vers le bas : comment pouvait-il espérer en une seule rafale visant les roues, stopper la DS du président ? Le tireur d’élite qu’était Sari aurait-il eu une difficulté pour viser le pare-brise, côté chauffeur, ce qui aurait probablement permis de tuer le chauffeur ou du moins de le rendre incapable de continuer à conduire ; Georges Fleury prétend dans son livre sur le Petit-Clamart, que Sari et Buisines auraient reçu l’ordre de viser les pneus. La Tocnaye pour sa part, affirme qu’il aurait donné un ordre imprécis, pneus ou pare-brise, le tout étant de stopper la DS du "Guide" ; autre information à cet égard, venant de Gilbert Labatie, (auteur d’un ouvrage sur son ami de jeunesse Bastien) : ayant eu un pneu avant éclaté dans un virage, il a pu maintenir le cap de sa voiture, information qu’il aurait communiquée à Bastien. Par ailleurs, les différents essais effectués par les conjurés auraient pu permettre (mais l’ont-ils fait ?) de réaliser à quel point une DS, pneus alvéolés ou pas, possède de par sa suspension et la qualité de sa direction, une aptitude remarquable à continuer à rouler à peu près droit avec des pneus crevés. Dans ces conditions, était-il raisonnable de miser sur un arrêt du cortège par le seul fait d’un feu dirigé vers les roues ?

1.3.5       Les tirs depuis l’estafette, une fois le convoi passé : deux PM et le FM de Sari ont visé l’arrière du convoi. Pourquoi n’avoir pas délibérément visé et abattu les motards, éliminant ainsi un élément de défense du cortège, avant de viser la lunette arrière de la DS des barbouzes ? Cela aurait facilité la manœuvre de réserve qu’était le blocage du cortège par l’ID bleue du groupe de La Tocnaye ;

1.3.6       L’action de l’ID bleue : pas assez nerveuse parce que marchant mal , elle n’a pas eu le temps de couper la route des deux DS ; en outre  Wattin n’a pu tiré qu’une rafale, son PM ayant connu un incident de tir et Prévost, depuis la banquette arrière a également été privé de tir pour la même raison. Deux incidents au même moment dans le même véhicule, cela est beaucoup.

1.4       En amont du 22 août

1.4.1       Le vol des armes du commando par des hommes de Mission III

Selon Georges Fleury, Sari aurait repéré cette action de sabotage, aurait identifié les responsables et aurait suggéré à Bastien de les éliminer.

Ce dernier, soucieux de ménager des vies, aurait refusé. Etait-ce une attitude digne d’un groupe d’action en situation de clandestinité ?

1.4.2       Le supposé colonel et son ami, qui ont déserté le complot après avoir prêté serment ?

Là encore  Bastien a refusé de les faire sinon exécuter, du moins enlever et séquestrer jusqu’au succès de l’opération. En s’abstenant d’une telle mesure, il faisait prendre un gros risque au complot et à l’équipe.

dimanche 08 juillet 2007 22:48



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